We shall rise

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Imagine when you’ll become an ancestor to the youth, and the kids will stare at you with eyes wide open, and blurt: « So you lived through 2020?! You saw the big shift in those years, you were there! » Yes, we were there. It was hell, we’ve let it happen, but then… Then we sabotaged the machine. We stopped believing in what the white fathers named progress and we looked for progress elsewhere. In the ecosystem around us. And in our own heart. And then kids, that’s when a forest of hearts rose.

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Enheduanna

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Enheduanna… This name is so important. This name was the first signature, ever known to human history, of an author.
The first known author was a woman.
The first text ever signed was a poem composed by a Sumerian princess and High Priestess, that she dedicated to the goddess Inanna. (later known under the name of Ishtar, both related to the planet Venus)
Every time I think of it, every time I whisper Enheduanna’s name… I enter into an altered state, into an emotion almost too strong for my body to bear.

We, authors, poets, artists, « influencers », are used to sign our productions without even thinking. But what pushed the first of us – in the context of her life there – to append her name to the invocation she had just written for the great goddess?
Was it the sense of belonging?
I mean: not as an affirmation that the poem belonged TO herself, but instead… that she belonged WITH Inanna/Ishtar/Venus through her poem…
What brings me to this thought comes not only from the fact that Enheduanna composed it while in despair for being exiled from Ur, but also due to the diverse translations of Inannna’s title in it. Her invocation – Nin me šar-ra… – happens to be translated or as the great mistress of « all the I/me/selves and others/rivals » (« all too numerous to count »), or as the great mistress of all the divine powers. As if… me, the others, the divine powers… it was one and same concept in Sumerian.
The sense of belonging with the Divine sparkles at the core of this idea. Nin me šar-ra.

Nowadays, what do we invoke through our signature? Which flow does our sense of belonging follow?

Nin me šar-ra…
Nin me šar-ra ud dalla e-a
Munus zid me-lem gur-ru ki aĝ an uraš-a…

Enheduanna, zirru-priestess, companion of the Moon god Nanna, daughter of Sargon the king of the world, in the temple of the goddess Innana…
En hedu anna
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Journée internationale contre les LGBTQ+phobies

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Nous sommes des cocktails molotv.
Nous, guerrie.re.s rainbow et sorcières queer, n’estimons plus être une minorité. Voyez nous partout nous lever. Voyez nous partout sortir des placards. Partout faire l’amour.
Vous nous avez donné une bouteille de vodka pour y noyer notre chagrin. Vous nous avez offert cette consolation pour garder votre monde hétéronormatif bien tranquille. Vous pensiez que Cronos continuerait à dévorer ses enfants alcoolisés.
Vous nous avez donné une bouteille de vodka mais nous en avons fait un molotov.
Maintenant… regardez plutôt.

Beltane

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Aujourd’hui a lieu une sorte de combo énergétique entre l’ardente célébration de Beltane, la journée internationale des travailleurs, le jour de la Tara Verte et de Sangye Menla…!
Il y a maintenant plusieurs semaines j’avais reçu une vision de l’image ci-dessus. Même si, au début, la figure au premier plan était une jeune fille aborigène. La semaine passée elle s’est transformée en Crone. D’autres détails ont également sûrement changé. Pour une raison inévitable : lorsque je dessine mon plus grand deuil a toujours été de devoir renoncer à l’exacte image qui a surgi dans mon esprit. En laissant une telle image se manifester sur le papier nous pouvons seulement nous en rapprocher mais jamais l’atteindre. Toutefois, des surprises apparaissent. De nouvelles propositions. Et plus tard, lorsque nous y avons enfin donné vie, c’est en prenant du recul que nous pouvons  comprendre son contenu et ses messages.
C’est ce qu’il s’est produit entre moi et cette image ici, parce que je peux désormais la saisir dans son entièreté. Et ce sont là des instants fascinants et nourrissants, toujours.
Pour moi Beltane c’est aussi cela : le sentiment de gratitude pour ce qui éclot de manière aussi inattendue.

Love letter to Bologna

{In Italiano sul mio Instagram a questo link}

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Bologna, Bologna, Bologna…
Every day I walk through your streets and yet, you’re absent.
Your porticos are a giant empty ribcage where only the wind slides. The confetti that usually spread everywhere for the graduated students have now disappeared since a while. The protests clamor and the embrace during the activists meetings all seem a distant echo.
This silent city, this isn’t you. You, Bologna, you roar. Your ribcage lives only for screaming slogans and statements at the top of your lungs. For you are a pirate island resisting the patriarchal and capitalist tumult assaulting the world. You’re the feminist anar’ ecolo’ queer punk trans faggot dyke witchy outcast tireless and surefooted crowd. The crowd that doesn’t compromise their values nor when it’s time to dance till dawn.
Bologna Bologna Bologna… Here with this drawing I invoke the present New Moon in Taurus to call upon your powerful soul. Come back to your body. Make the furor rebound on your colorful walls once again. Here’s my love to you.

Journée internationale de la visibilité trans

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{In English on my instagram}

Aujourd’hui a lieu, comme chaque 31 mars, la journée internationale de la visibilité trans, un moment idéal pour célébrer le spectre des identités trans et pour aborder les problématiques trans et la transphobie.
Ma propre expérience trans est un processus sans finalité. Ça m’a pris des années de comprendre mon identité trans et de l’embrasser. Enfant et ado je ne m’identifiais pas plus mec que je ne m’identifiais nana. Féminité et masculinité étaient des mots vides de sens pour moi, comme s’ils ne me concernaient pas. D’autres adjectifs me venaient en tête pour décrire ce que les gens entendaient par ces deux mots, d’autres qualités et dynamiques au-delà du genre. Le problème c’est que notre société repose sur cette dualité. Des violences systémiques sont constamment perpétrées sur base de cette dualité. Bien sûr ce n’est en rien problématique de se sentir appartenir au genre masculin ou féminin ! Ce que j’essaie de dire – qui regarde seulement ma propre expérience – c’est que j’ai souffert de ma dysphorie de genre silencieusement, et ça m’a pris des années de réclamer le droit de me sentir chez moi dans mon corps. Avoir pratiqué ma mastectomie il y a plus d’un an a totalement changé ma vie. Une renaissance. Lorsque j’ai regardé dans le miroir pour la première fois, c’était comme me reconnaître après 20 ans d’absence. Ce fut l’un des moments les plus puissants et heureux de mon existence. Depuis 10 mois j’ai commencé un autre voyage : les hormones. Je ne sais pas où elles me mèneront, comme je l’ai dit je considère mon expérience trans comme un processus sans finalité. Il existe quantité de manières d’être trans, et si vous prêtez l’oreille vous sentirez toute une symphonie d’oiseaux.
Sur mon post instagram j’ai laissé à qui le souhaite la possibilité de mon poser des questions, et cela est fait avec bienveillance. Comprenez que je n’ai pas l’obligation de répondre si je me sens mal à l’aise. J’ai subi suffisamment de harcèlement et d’insultes pour sentir une ou deux blessures picoter lorsque certaines questions ressurgissent. S’il vous plaît comprenez également que je ne détiens pas toutes les réponses, que mon expérience trans est un voyage au cours duquel j’apprends tous les jours, et où je peux me sentir différemment, en expansion, d’un jour à l’autre.

Pour anticiper certaines questions :
– Ma façon de m’identifier peut bouger, comme on appelle l’eau aussi glace, pluie, vapeur, brume, mais elle reste avant tout de l’eau. Je m’identifie comme trans, ce qu’il m’arrive de préciser comme agenre, fluide, genderqueer, genderfuck, neutre/neutrois, pangenre, mais dans tous les cas transgenre non binaire (même s’il est vrai que je ne suis pas super en joie à me faire appeler un ‘non’ quelque chose).
– Il y a un an j’ai commencé à écrire mon histoire trans, depuis mon enfance jusqu’à mon opération. Toutefois, peu après me sont arrivées des insultes et des messages passifs-aggressifs à propos de mon travail sur internet, de la part d’inconnu.e.s de ma communauté lgtbq+. On m’accusait d’être une personne cisgenre transphobe et opportuniste qui se faisait de la visibilité et de la thune grâce aux thématiques trans, sans qu’on me demande quelles étaient mes motivations et s’il se trouvait que je sois trans. Dans un contexte normal j’en aurais beaucoup ri, tellement la situation était ridicule et ironique. Malheureusement ce n’était pas un contexte normal. L’anecdote n’est produite peu de temps après mon opération et j’étais très vulnérable physiquement et émotionnellement. Mon corps était encore empoisonné par l’anesthésie, je n’ai pas dormi pendant des mois car un aspect de l’opération a réveillé la mémoire d’un des pires traumas de ma vie, et je devais travailler d’arrache pied pour respecter les délais de mon livre. Donc non, je n’ai pas ri du tout, la chose fut vécue douloureusement, j’ai cessé d’écrire mon histoire trans et j’ai repoussé à plus tard toute idée de coming out public. Peut-être que j’en reprendrai l’écriture cette année. L’été dernier j’avais lu l’excellente analyse « Why are queer people so mean to each other » par Kai Cheng Thom, l’autrice du livre « « Fierce Femmes and Notorious Liars: A Dangerous Trans Girl’s Confabulous Memoir » recompensé du Lambda Award, et je ne peux que vous suggérer de le lire!
– Si vous êtes une personne trans et que votre identité de genre souffre du confinement antivirus actuel, je vous comprends bien ! Peut-être partagez-vous le confinement avec quelqu’un qui ne sait rien de votre identité trans ou ne la respecte pas, et vous ne vous sentez pas capable de vous exprimer pleinement en cette période difficile. Ou vous ne pouvez pas suivre correctement certains aspects médicaux ni votre thérapie, vous avez l’obligation d’aller dans une pharmacie non transfriendly parce qu’elle est plus proche de votre domicile, vous avez dû renoncer à l’opération que vous attendiez depuis des années, vous ne pouvez plus vous rendre aux réconfortantes activités trans qui vous apportent joie et soulagement. Vous souffrez peut-être d’une solitude intérieure supplémentaire et d’une détresse, comme j’ai moi-même senti durant mon voyage trans, mais je peux vous l’assurer : vous serez aimé.e ! Vous êtes déjà aimé.e. Et vous serez aimé.e. Vous serez aimé.e.