Existe-t-il une BD féminine?

EDIT du 27 décembre: Finalement… mon interlocuteur a vu cet article et a décidé de me faire un cadeau de Noël et de répondre. Je reviendrai sur le sujet. Quand j’aurai du temps.

46 thoughts on “Existe-t-il une BD féminine?

  1. dit :

    Une réponse loin d’être parfaite ou complète, mais que j’avais envie de partager ici.
    L’identité de l’interlocuteur n’a pas d’importance, ce n’était pas la première fois que je recevais ce type d’invitation, je n’avais juste jamais pris le temps de développer les raisons de mon refus.

  2. petitelune dit :

    Ha, ça c’est l’éternel débat de (choisissez le genre de divertissemennt) « normal » et « féminin ».

    Nous sommes une catégorie à part voyons ! Non, mais plus sérieusement, il est vrai que l’être humain a besoin de classer les choses et d’y coller des étiquettes. Malheureusement, cela nous cantonne à des rôles qui ne correspondent pas forcément à nos aspirations profondes.

    Je trouve triste que qu’au lieu de penser « regardez, cette BD (comme toute BD) est pour tout le monde » qu’on classe des BD par genre. L’égalité ne passe pas par une classification, mais par l’acceptation de la diversité et des différents regards dans un même domaine (médecine, éducation, construction, cinéma et autres…).

    En tout cas, je trouve que tu as bien répondu. Ce colloque peut être intéressant, dans la mesure où il discute des problèmes de base, pas des symptômes. Or, c’est vrai qu’ici, le titre fait plutôt raccoleur et le colloque n’a pas l’air (a priori), de proposer de vraies solutions.

  3. Yannicke dit :

    Je suis d’accord avec toi, mais…j’ai été un peu énervée par ta description des blogs girly, en une phrase que tu ne développes pas; qu’est ce que tu condamnes là-dedans?
    La futilité, l’idée que les gens réduisent la bd faites par des filles à ce genre particulier, les auteures elles-mêmes?
    Personnellement je me considère comme féministe, (parce qu’)on me considère comme telle, et j’aime bien la futilité, et je vais pas me retenir de glousser devant un navet girly ou de faire un dessin de chaussure parce que ça « fais girly-débile ». Je suis un peu perplexe, je te l’avoue, j’aimerais bien avoir ton avis. Commentaire très peu développé, mais bon, le principal y est.

    1. dit :

      Bonjour Yannicke, comme je l’ai dit c’est « une réponse loin d’être parfaite ou complète » où j’avais préféré résumer les raisons de mon refus plutôt que d’en faire une thèse! Donc non en effet je n’ai pas développé ce que je pensais des blogs girly. Avant son contenu, le souci du blog girly – à mon sens – c’est son appellation et le fait que ce qu’on y trouve soit entièrement connoté comme féminin. Ça dit assez clairement « ça c’est pour les filles qui aiment le rose ».
      Si j’avais quelque chose à dénoncer ce serait alors cela avant tout.
      Ensuite, « futile » est à placer en opposition avec « profond », « sérieux », « grave ». Je n’ai pas envie de dresser des échelles de valeur entre les types de bd, de blog, qui se font et continuent de s’inventer (où cela me placerait-il?), l’humour et la légèreté ont leur place autant que le reste. D’ailleurs je ne vois pas le mal qu’il y a à parler de chaussures ou de cup-cakes. Je crois seulement que ça commence à faire du tort à tout le monde quand on décrète que ce sont des sujets « girly ».

  4. Harmoos dit :

    Je vois le genre « qu’elle est la place d’une femme dans la bd »
    « a part répondre au question des même connard sans imagination ? »

    Un refus polis =)

    Une bd c’est une bd quoi y’en a pas « pour filles » ou « pour garçon » -_-« 

  5. Skeu dit :

    Et boum. Bien envoyé à mon goût, ça aurait pu être même un poil plus moqueur et cynique que ça n’aurait pas paru irrespectueux. :) Merci de renvoyer la balle face à ces détracteurs des sexes

  6. dit :

    Je lis beaucoup ces derniers temps (le temps dernier étant absolument relatif et peut très bien se quantifier en mois voire plus) de ci de là, des débats sur le genre. Ou du moins l’effet réducteur que peut avoir le classement simple et non représentatif des sexes, des « deux » sexes. Pourtant, si je me suis jamais tout à fait reconnue dans un genre ou l’autre, ni ne veux me donner une étiquette, il ne me dérange pas, même s’il est peu original, ce débat du sexe, et donc par exemple celui du sexe des livres. Tout comme je pense que la réponse que tu as envoyée suite à l’invitation a entièrement sa place dans un tel séminaire. J’espère même que certains tricoteront entre eux quelques mailles ce jour-là sur ce même thème.

  7. Tarto dit :

    Si je peux me permettre parler de BD masculine ou féminine reviendrait également à penser que tous les hommes et toutes les femmes ont les mêmes centre d’intérêts / goûts / comportements, ce qui n’a aucun sens, ou pas plus que de devoir reconnaître qu’il existe des genre de littérature, ou de BDs, qui plaisent majoritairement à plus de femmes que d’hommes.

    A mon humble avis le contenu de ton mail aurait enrichis le débat auquel tu étais invité.

    1. dit :

      « Si je peux me permettre parler de BD masculine ou féminine reviendrait également à penser que tous les hommes et toutes les femmes ont les mêmes centre d’intérêts / goûts / comportements, ce qui n’a aucun sens »

      Ben, ce n’est pas que ça « reviendrait également à penser que », c’est ce à quoi ça mène directement et démontre immédiatement que c’est stérile.
      Quant au débat, mon email y sera peut-être évoqué. J’en ai juste marre de ce thème-là et je n’ai pas envie de faire le chemin jusque Paris pour expliquer « pourquoi j’en ai marre ».

  8. Je comprends parfaitement votre point de vue. Plus que cela, je le partage assez largement. Et bien évidemment, si je commence ce message ainsi, c’est parce qu’il y a un « mais »…

    Donc « mais » il s’agissait là d’un séminaire de recherche. Et c’est donc très différent d’une sollicitation journalistique. La question « s’il existe une bd féminine, c’est qu’il existe une bd masculine » aurait sans doute été soulevée : car en construisant comme « féminine » une partie de la bd, on impose effectivement l’idée que le reste est masculin, et donc que ce qui est « neutre » est féminin. Et c’est précisément ce genre de construction, la façon dont elle s’impose, la façon dont elle structure les expériences des individus et les inégalités qui intéresse les sociologues.

    Ici, vous leur répondez, en gros, « vous feriez mieux de vous intéresser aux inégalités de genre en général ». Mais c’est justement en s’intéressant à ce qui se passe dans le petit monde de la bd que l’on peut mieux comprendre ce qui se passe ailleurs. L’iceberg, comme vous dites, on le prend toujours pas un bout. Et c’est en comprenant comme ça marche – ce qui permet à une bd « féminine » d’exister et de simposer – que l’on sera mieux à même d’en « finir avec une terminologie sexuée/genrée/sexiste » en littérature. Cela ne peut se faire d’un simple vœux pieux : il faut bien, à un moment donné, voir comment ça marche.

    De ce point de vue là, votre expérience serait sans doute intéressante, si vous avez déjà été confronté à ce débat au sein du monde de la bd : la sociologie, c’est aussi savoir ce qu’en pense les acteurs.

    Bref, je trouve dommage que vous n’ayez pas tenté l’aventure parce que, ayant vu passer différentes annonces de ce séminaire (pas très difficile à reconnaître malgré l’anonymisation :D), je pense que vous auriez trouvé quelque chose de très différent de l’habituel « alors, ça fait quoi d’être une femme dans le monde de la bd ? ».

    1. dit :

      Merci pour ce développement!
      Je ne suis pas sûre de comprendre en quoi « neutre » serait féminin (dans votre premier paragraphe). Plutôt que suggérer à mes interlocuteurs de « s’intéresser aux inégalités de genre en général » je leur ai proposé de s’intéresser aux dérives et à la dangerosité de la terminologie genrée/sexuée/sexiste, en partant du principe qu’il est impossible de catégoriser littérature masculine et littérature féminine, ce qui est encore autre chose! Mais sinon, oui, je les invite volontiers à s’intéresser aux inégalités s’ils ne le font pas déjà (mais je ne leur ferai pas cet affront)!
      Je suis d’accord qu’il faille prendre l’iceberg par un bout. J’ai peur qu’ici ce soit un morceau où – après 30 minutes de discussion où chacun s’est exprimé – on se rende compte que « ah tiens oui, il y a un iceberg en fait, et on vient d’en tenir un bout ». Et là il reste 30 autres minutes pour parler de l’iceberg qu’on vient de découvrir. (le tout sur un ton plus ou moins surpris et naturel)
      Le contenu de leur invitation ne me laissait malheureusement pas penser que le débat aurait été différent de l’habituel « alors, ça fait quoi d’être une femme dans le monde de la bd ? » Le titre du séminaire à lui seul est tout ce qui me fait grincer des dents et aucun élément ne m’a été donné pour me rassurer sur les points qui y seraient abordés, même après ma réponse que vous avez pu lire ici.
      Si quelqu’un fait le déplacement et me prouve que j’ai eu tort, j’en serai la première ravie!

      1. Ouhlà, le « neutre est féminin » dans le premier paragraphe est un lapsus de ma part : je voulais écrire « le neutre est masculin ».
        Mon problème est justement là : à mon sens, partir de l’idée que cette catégorisation est seulement dangereuse – elle l’est, je suis bien d’accord – c’est oublier ou laisser de côté ce qui fait vraiment problème, à savoir qu’elle existe, qu’elle tient, et qu’elle se reproduit. Ce que vous indiquez ne peut à mon sens partir d’un point de départ.
        Ensuite, pour ce qui est d’estimer le risque de tomber dans un mauvais débat, je suppose qu’il faut chercher des indices et que tout le monde n’est pas sensible au même. La mention du terme « genre » aurait été pour moi un indice positif, mais c’est sans doute une évaluation partagée.

        1. dit :

          Bonjour encore,
          Les jours filent et je n’ai pas pris le temps de revenir par ici.
          Pour le lapsus, c’est bien ce que je pensais et maintenant votre phrase fait sens!
          Quant au point de départ duquel il faudrait partir ou non, ayant déjà fait les frais de mauvais débats par le passé (notamment dans le milieu du blog bd) je ne tiens pas à réitérer l’expérience et ai préféré annoncer ma position illico. Et je n’ai aucun indice sur la direction que mon interlocuteur comptait donner à ce débat-ci.

  9. dit :

    C’est un peu bizarre et potentiellement à côté de la plaque d’attaquer les blogs girly je trouve, Bretecher et autres devaient répondre à des questions sexuée (et stupides) bien avant l’apparition de cette tendance…
    D’ailleurs je trouve que dénigrer cette catégorie en permanence (je ne parle pas forcément de toi hein) n’aide pas à la crédibilité, décrire sa vie, son shopping etc c’est pas forcément plus creux que les aventures de michel vaillant et compagnie, pour moi le seul problème en fait c’est la dénomination « girly » qui sexualise ce style futile et égocentrique, et l’impose comme féminin…
    Mais sinon tout ce que tu dis est très bien ! Tellement que tu aurais du aller le dire à cette conférence en fait :) (bon c’était apparemment pas possible, mais ça aurait été chouette dans l’absolu)
    Bonne continuation !

  10. Steff dit :

    Cette note est aussi en lien avec la précédente du coup je m’écartes un poil du sujet.

    Je suis pour cette non différenciation de sexe et que l’on ne soit plus perçue comme un homme ou comme une femme, mais un être tout simplement. Seulement je me rends compte que l’on se heurte sans cesse à cette différence au sein même de ceux qui se batte contre elle. Le plus frappant étant le mouvement queer qui regroupe tout le monde, entre autre les travesties, transgenres, transsexuelles. Loin de moi l’idée de monter au créneau contre eux, mais comment on peut revendiquer n’appartenir à aucun sexe alors même que l’on fait la différence. Que ce soit dans le fait de se travestir ou de se considérer comme étant opposé à notre sexe d’origine. J’ai toujours l’impression qu’il y a une espèce d’hypocrisie planant autour de cela avec cette même réponse « Tu ne peux pas comprendre »

    Je sais qu’en postant je peux paraître vindicatif, mais … Je ne suis qu’un hétérosexuelle qui se heurte au cliché habituelle sur les hommes. Je regrette la vie qui m’a fait naître en tant que garçon, mais je suis incapable de pouvoir changer de sexe. Ce serait reconnaître que je suis un produit raté. Seulement je tombes sur ses personnes qui ont changer de sexe, sur ceux qui se considère comme étant une femme alors qu’ils sont des hommes et il me conforte dans cette idée que oui, je suis un produit raté. Que le bonheur se décide à la naissance et qu’il faut juste avoir de la chance et que moi je n’en ai pas eu.

    Au fond nous serons toujours des hommes ou des femmes. Pas parce qu’on le pense, pas parce qu’on a un pénis ou des seins, mais parce qu’on nous le dit. C’est comme ça et ce le sera pour la BD, les films, la musique et tout ce qui peut exister en ce bas monde.

    1. dit :

      Bonjour Steff,
      Revendiquer n’appartenir ni au genre/sexe masculin ou féminin ne signifie pas qu’on n’appartient à aucun genre ou sexe.
      Et comme tu l’as très bien dit, le problème est qu’on est homme ou femme parce qu’on nous le dit. Alors qu’en fait il n’y a que toi qui puisse le déterminer. Je comprends la contradiction que tu relèves quant au fait de continuer à différencier les sexes au sein du milieu Queer. Je n’affirmerais pas que ce soit le cas de tout le milieu Queer. Au delà du « je me sens masculin parce que… » / « je me sens féminine parce que… », je dirais que ce que le Queer cherche à développer est « je me sens moi-même parce que…. ».

      Tu parles du « cliché habituel sur les hommes » auquel tu te heurtes.
      C’est dommage qu’il puisse être insinué que tu sois un produit raté, un produit tout court ou quelque chose de raté tout court. Personne ne devrait te conforter dans ce genre d’idée, et c’est peut-être juste une manière pour certains de faire un transfert sur toi de leur propre souffrance.
      Le sexe biologique est déterminé en quelques mois dans le fœtus, l’identité est le processus d’une vie. Ce sont donc deux choses absolument différentes. Le cerveau humain passe d’ailleurs son temps à évoluer selon les connexions entre nos neurones, selon nos expériences et notre libre-arbitre (ce qui n’est pas le cas du reste de nos organes génitaux, contrairement à d’autres être vivants).
      Tu es ce que tu dis être et ce que tu aspires à être.

  11. m'fi dit :

    J’ai du mal à comprendre pourquoi on se pose ce genre de question. Faut-il savoir tout ranger dans des tiroirs avec des belles étiquettes? Faut-il tout intellectualiser, comprendre, décrire?

    @ Une heure de peine: pas d’accord avec votre « mais ». Ce n’est pas parce que c’est réalisé sous le couvert d’une université que c’est forcément intéressant. On ne compte plus les recherches sur des questions sans intérêt qui n’ont pour but que le plaisir de se gratter les méninges… Je ne dis pas que c’était nécessairement le cas ici mais je comprends que Julie puisse ne pas y trouver d’intérêt.

  12. greugreu dit :

    Il me semble que le terme « futile » pour parler des blogs dit girly n’a absolument rien de péjoratif dans cette réponse. C’est un fait et c’est aussi pour cette futilité qu’on peut prendre plaisir à les lire. Cocteau à bien écrit que « la futilité est la plus jolie réponse à l’angoisse », mais ça, c’est une autre histoire… hop là !

  13. M dit :

    Mais… c’est un séminaire de recherche, et ça sert justement à se demander si ces catégories sont pertinentes ou non, pas du tout à vous demander si vous faites du girly ou ce que ça fait d’être une femme qui fait de la BD.
    C’est de la sociologie, qui s’occupe du genre, et c’est justement ce genre d’interrogations et d’études qui font avancer les perceptions de ce qu’est un genre, et de comment aller au delà des clivages masculin / féminin. Le but de la socio, c’est de rompre avec les façons de penser, les cadres de la réflexion commune et de les analyser, pas vraiment de les perpétuer (donc on peut pas vraiment dire qu’ils sont sexistes, quoi…).
    La question qu’ils posent est pour le coup, « comment en finir avec les catégorisation de genre ». Mais bon, ils ont peut-être pas été très clairs.

    1. dit :

      Le but de la socio, c’est de rompre avec les façons de penser, les cadres de la réflexion commune et de les analyser, pas vraiment de les perpétuer (donc on peut pas vraiment dire qu’ils sont sexistes, quoi…).

      Bonjour! Euuhh je n’ai désigné personne comme étant sexiste, j’ai évoqué le fait que des formulations et des manières de voir la littérature pouvaient être dangereuses, réductrices et sexistes.

      La question qu’ils posent est pour le coup, « comment en finir avec les catégorisation de genre ». Mais bon, ils ont peut-être pas été très clairs.

      Je ne me permettrai pas de reformuler la question du débat auquel j’étais invitée car mon interlocuteur ne m’a donné aucune autre information que le carré de texte repris en début d’article, et malheureusement… ne m’en a pas non plus donné après ma réponse. Et c’est bien dommage.

  14. Pepito dit :

    Mouai… Moi personnellement, je trouve ça encore plus bizarre d’ignorer une différence évidente entre les genres. Ce qui ne veut pas dire qu’il y en a un supérieur à l’autre….

    D’ailleurs, il suffit de se rendre à la FNAC et de regarder le rayon BD et son public pour se rendre compte qu’il y a clairement une BD « féminine » et une BD « masculine ». Ce qui n’impose pas un cordon entre les deux…

    Bref.

    1. Lorro dit :

      Ben ouais, il y a une différence entre une bd écrite par un homme et une écrite par une femme.
      Tout comme il y a une différence entre une bd écrite par un breton et une par un alsacien.
      Tout comme il y a sûrement un différence si l’auteur mesure moins d’1m70 ou non.
      Est-ce qu’à la fin c’est pas plus simple de dire qu’il y a des différences et ressemblances entre chaque personnes plutôt que de faire des classements vains comme celui-là ?

      J’imagine que ce serait trop frustant pour certains.

      1. Pepito dit :

        Justement Lorro, quand on parle de BD « franco-belge », ça ne choque personne. Là je ne comprends pas ce qu’il y a de choquant à dire qu’une certaine catégorie de BD est plutôt destinée aux femmes, et une autre plutôt aux hommes.

        Je pense que le doctorant travaillant là-dessus s’intéressait à ça, c’est tout. Et d’ailleurs, ça n’a rien à voir avec le sexe de l’auteur de la BD en question. Vous faites un amalgame entre « nommer certaines catégories de BD » et « nommer certaines catégories d’auteurs de BD ». Ce qui n’est pas du tout la même chose.

        D’ailleurs, cette distinction existe bien dans la BD japonaise et jamais personne n’a trouvé quelque chose à y redire…

    2. dit :

      Bonjour Pépito,
      Personnellement, je n’ignore pas la différence entre les genres, je les ai même nommés: genres narratifs, genres jeunesse et adulte. Pour ce qui est du genre sexué en littérature, je ne crois pas qu’il existe de bande dessinée dite masculine ni de bande dessinée dite féminine. Cette notion est d’ailleurs trop floue pour être pertinente. S’agit t-il de bds faites par des hommes, de bds faites par des femmes? De bds pour des hommes exclusivement, de bds pour des femmes exclusivement? Des bds-faites-par-des-hommes-pour-des-hommes-exclusivement, des bds-faites-par-des-femmes-pour-des-femmes-exclusivement? On n’est pas attiré par tel ou tel type de récit, de lecture, juste à cause de notre sexe biologique. Si ce genre-là devait porter un nom, je l’appellerais volontiers « Science Fiction ».

      1. Pepito dit :

        Je pourrais donner à peu près les mêmes réponses qu’à Lorro, ci-dessus.

        J’ajoute que je suis d’accord avec :
        « On n’est pas attiré par tel ou tel type de récit, de lecture, juste à cause de notre sexe biologique »

        Sauf que nous ne sommes pas qu’un tas de cellules vivantes qui interagissent entre elles… Quand on regarde les tribunes d’un stade de foot, on y trouve très peu de femmes, c’est bien que ce spectacle se destine plutôt aux hommes qu’aux femmes. Et on pourrait prendre de nombreux autres exemples.

        L’idée n’est pas de dire qu’une femme ne doit regarder que des soaps américains à la télévision et qu’un homme ne peut que regarder la Ligue 1. Bien-sûr que des femmes seront plus attirées par des divertissements « masculins » et inversement, mais il y a quand même une différence statistique de comportement.

        1. dit :

          Oups, déjà 10 jours sans passer par ici! Mes excuses!
          Comme vous le dites nous ne sommes pas qu’un tas de cellules vivantes. Masculin/Féminin c’est en effet l’objectivité du sexe, des cellules, du corps. Mais dans le cadre du genre – soit, notre identité – ces adjectifs ne sont plus qu’une construction sociale et culturelle DONC subjectifs, non immuables. Si dans notre culture (ici maintenant) les humains de sexe masculin sont plus nombreux dans les stades de foot c’est parce qu’on les a conditionnés très jeunes à apprécier cette discipline. Comme on a conditionné très jeunes les humains de sexe féminin à apprécier d’autres choses. Et ce conditionnement culturel est constatable partout (jusque dans les rayons de la fnac pour reprendre votre exemple), il nous a imposé des réflexes très tôt: nous faire croire que c’est ceci et cela qu’on va aimer ou qu’on ne va pas aimer, selon qu’on soit fille ou garçon (donc selon notre sexe biologique). Il n’appartient qu’à nous d’interroger notre propre ouverture au Monde et notre identité.
          D’ailleurs j’ai aimé jouer au foot quand j’étais enfant. Ça n’avait rien à voir avec mon sexe biologique, ou comment je me considérais. C’est juste que j’étais une enfant qui aimait jouer au foot avec des ami(e)s parce que c’était un super jeu. Et que je courrais vite!
          Je reste donc sur ma position. Bd masculine, bd féminine… appellation vide et dangereuse.

          Et pour vous expliquer en deux mots pourquoi ce n’est pas choquant de parler de « bd franco-belge » c’est tout simplement parce c’est un style graphique et éditorial (le 48cc comme on dit dans le métier!) qui est clairement apparu à un moment donné de l’histoire de cet Art, dans une zone géographique.

    3. solune vorkosigan dit :

      Pour prendre un exemple : la BD  » Lou !  » de Julien Neel (un homme).

      Tu vas en librairie, tu tombes sur le premier tome : il est tout rose, avec une petite fille blonde qui écrit son journal intîme, le prénom écrit avec un point d’exclamation avec un coeur en dessous.

      Il suffit de regarder cette BD pour se rendre compte qu’elle est « féminine » et « jeunesse », n’est-ce pas?

      Ouvre-la, et ouvre aussi les tomes suivants… elle contient à la fois des histoires rigolotes pour enfants, des histoires d’amour, des blagues geek sur les jeux vidéos et la SF, des questionnements métaphysiques, des analyses des rapports humains…

      Une BD écrite par un homme? Pour les filles? Pour les enfants?

      Une BD écrite par un auteur, qui (d’expérience) plait à des enfants, des hommes, des femmes.

      Personne ne dit que les hommes et les femmes sont identiques, on dit juste que tous les hommes ne sont pas identiques entre eux, et que toutes les femmes ne sont pas identiques entre elles, et qu’il n’y a donc pas lieu de classer les centres d’intérêts par genre sexuel.

      Rapport aux blog girly d’ailleurs : je me souviens avoir lu Kek (à moins que ça ne soit Boulet) dire qu’il aimait aller voir les blog girly, même les plus futiles – surtout les plus futiles… preuve que ce n’est pas nécessairement réservé aux filles d’aller se vider la tête en lisant ce type de BD.

      Mais est-ce que toutes les filles le font? Non. Est-ce que tous les garçons le font? Non.

      C’est donc tout simplement une question de préférence stylistique.

  15. dit :

    Hi!
    J’y serais allée pour foutre le dawa, certainement en y disant le même genre de trucs, mais avec le plaisir de démonter les questions prêtes à penser en direct. Et en même temps, bien qu’à mon sens il faille prendre la parole quand elle nous est donnée, il est plutôt désagréable d’arriver dans un lieu et que le for intérieur martèle « qu’est-ce que je fous là? Qu’est-ce que je fous là? Qu’est-ce que je fous là? Qu’est-ce que je fous là? (…) »

  16. dit :

    EDIT du 27 décembre: Finalement… mon interlocuteur a vu cet article et a décidé de me faire un cadeau de Noël et de répondre. Je reviendrai sur le sujet. Quand j’aurai du temps.

  17. E.B. dit :

    Bonsoir Julie, je me suis enfin décidée à acquérir Le Bleu est une couleur chaude. Je ne sais pas quel mot je pourrais utiliser… C’était juste… Très touchant, et très chouette.

    Voilà,
    bonne continuation.

    (un commentaire très banal, je sais ! Mais fallait bien que je le place quelque part…)

  18. Az dit :

    Hello,
    voici un petit pas de côté, qui m’a immédiatement fait penser à ton post.
    Il s’agit de Marthe Vassallo, chanteuse tradi bretonne (mais pas que), qui a, il y a quelques années, monté avec une pianiste un programme d’œuvres dont l’unique point commun était d’avoir été composées par des femmes au cours du XXe siècle.
    Sa conclusion, qui réunit deux thématiques qui se mêlent (à mon sens) dans ton post :
    « Nous en sommes ressorties trempées de deux conclusions: 1) les compositrices, même au XXe siècle, ont fait l’objet d’une violence dont même nous, pourtant un rien au courant de la problématique! nous n’avions pas soupçonné l’ampleur, et 2) il n’y a pas d’«œuvres de femmes», il y a juste de la musique qui tient la route ou pas. » (je souligne)
    Bien sûr, tu n’as pas parlé de violence dans la BD en tant qu’auteur féminin, mais il me semble que ce genre de collage d’étiquette facile/classification douteuse est le premier degré d’une violence larvée et ordinaire…
    Pour lire son article en entier et remettre le contexte, c’est par :

    Et merci pour le partage de tes réflexions :)

  19. Helene M. dit :

    Bonjour Julie,
    Mais si un jour tu reçois le prix Artémisia (prix qui ne récompense que des femmes et « pour la promotion de la Bande dessinée féminine ») ça voudrait dire que tu le refuserais ?

    Car moi aussi je pense qu’il n’y a pas de bd homme ou femme (il suffirait d’enlever le nom sur la couverture de certains livres et on ne saurait même plus le sexe de celui qui dessine je pense). En même temps, je pense que c’est difficile de refuser un prix.
    Merci d’avance et bonne journée. (+J’en profite pour te remercier infiniment pour ton travail).

    1. dit :

      Bonjour Hélène, et merci pour ton intervention.
      Concernant le prix Artémisia… Dans l’article que tu me transfères, Jeanne Puchol y cite un passage de leur manifeste. Petit exercice: le voici en supprimant l’adjectif « féminin » souvent repris.
      « Parce que la création BD nous semble peu connue et reconnue, peu valorisée et éclairée, quelques arbres surexposés cachant la forêt des talents laissés dans l’ombre ou à l’abandon. Parce qu’un regard sur la production BD nous paraît essentiel. Parce que se donner le pouvoir de reconnaître et non pas seulement de produire est un enjeu et un symbole des plus importants pour chacun qui participe à cette aventure. Parce que la BD destinée à tous et largement diffusée, reste un média dominé par l’imaginaire masculin, qui véhicule des stéréotypes écrasants. » C’est fou, ça garde du sens!
      Et selon moi, combattre les stéréotypes écrasants peut être le job de chacun, peu importe son sexe et son genre. Il y a des hommes féministes, que je sache. (oulala voilà que je reparle de manière binaire!)
      L’autre souci, c’est qu’un peu plus loin Jeanne Puchol déclare « il n’y a pas UNE bande dessinée féminine et UNE bande dessinée masculine » mais ensuite lorsqu’elle s’exprime sur ce que seraient visiblement des caractéristiques féminines en BD, les termes qu’elles emploie sont « maîtresse », « sensualité », « érotique », « tâches domestiques »… et ça me fait sauter au plafond!
      Bon, je ne vais pas revenir sur ce qui m’a faite éclater de rire ailleurs dans cette interview, et je ne me suis pas attardée sur les commentaires.
      Ce qui compte c’est de savoir ce que signifie d’accepter un prix et son symbole, et ce que signifie de les refuser. Il y a des prix que l’on accepte sans se poser de questions, les genoux sciés et les larmes aux yeux, parce qu’ils viennent simplement des mains d’une – disons-le ainsi – « académie », de librairies, d’un public, sans autre signification que la reconnaissance des autres pour notre travail accompli. Et puis il y a d’autres prix, qui revendiquent une symbolique précise, symbolique qui peut sembler inoffensive aux yeux de certains (voire positive) et dangereuse à d’autres selon leur vécu.
      Là maintenant tel-lle-s que je suis et tel qu’est ce prix Artémisia, il serait plus important pour moi de le refuser que de l’accepter. Et de toutes façons je suis bien persuadée que Mr Leclerc et les Artémises n’ont pas du tout l’intention de me couronner pour…. « la promotion de la Bande Dessinée féminine »!
      Bien à toi.

  20. alice dit :

    (Les commentaires sont fermés pour ton texte sur la manif du 17novembre donc je poste ici, désolée. )
    C’est vraiment PARFAIT.
    Bravo !

    Alice

  21. Grinoire dit :

    Bonjour,

    J’ai récemment découvert ton travail (via le blog d’un autre dessinateur) et j’ai vraiment aimé ce que tu fais.

    J’ai eu l’occasion de lire « Le bleu est une couleur chaude », et j’ai tout simplement adoré. C’est super bien écrit, dessiné, beaucoup sentiment passent par sa lecture, et je tenais à te remercier pour cette belle oeuvre.

    Bonne continuation à toi !

    Ps: j’espère ne pas poster au mauvais endroit, si c’est le cas, je m’excuse.

  22. XL dit :

    bonjourde lecture
    pour la même raison je me suis abstenue de participer au challenge BD au féminin car ça ne peut pas être un critère ni une trame de lecture

  23. Nobuto dit :

    Ah on ne peut pas laisser de commentaire pour chaque article? Parce que j’en aurai laissé bien un sur le débat politique du mariage pour tous.

    Pour celui-ci je dirai bien que la BD masculine existe aussi, j’ai pas eu le courage de lire tous les com’s, je sais pas quelqu’un l’a p’tet déjà évoqué.
    Enfin elle existe dans la limite où, elle en intéresse essentiellement le genre, et que les auteurs sont aussi essentiellement des hommes, il s’agit bien du porno. Alors au niveau des blogs il y en avait eu, avec des zigounettes un peu partout, il y avait un blog d’un mec qui faisait exprès d’être un gros connard. Bref voilà, les blogs odieux, machistes et plein de sexe. (en bd) Ca existe et on l’attribue bien qu’au genre masculin.

    Sauf que contrairement au blog girly, les blogs beaufs on en parle pas tant que ça, on l’implique pas dans des débats de sociologie, parce que soit c’est pas sérieux, soit c’est normal. c’est vrai les mecs ont cette réputation d’être des obsédés du sexe. [à tort ou pas]

    Au final une BD pornographique qui sortirait sous la plume d’une femme, ça entre dans la catégorie érotique, quasiment de façon instantané, là où les hommes se verront attribué au porno. Y’en a bien, et même beaucoup dans la catégorie érotique, mais c’est ce qu’on appelle de la discrimination positive. Là où y’aurait « débat » pour un homme, y’a pas pour une femme.

    Donc là ou la BD masculine fait pas débat, la BD féminine le fait. Je suis d’accord c’est naze, j’aurai répondu, on fait pas de la masturbation intellectuelle sur un blog de girly, ou alors en commentaire sur le dit blog, pas en débat sociologique, je trouve que ça accentue le fossé des différences de genre. Car mettre au grand jour, et surtout le mettre dans un contexte si sérieux, dans les esprits ça va étiqueter la femme à ce rang superficiel. En sachant que notre reconnaissance [d’être humain] ne tient sans arrêt qu’à un fil, ouvrir les brèches de cette façon c’est pas intelligible.

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