Importuner : définition

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Le patriarcat s’est constitué autour des rôles attribués au masculin et au féminin. Comme dans la tribune des 100, l’une des clés de voûte du patriarcat est de considérer la femme disponible pour l’homme et soumise à son bon désir. Dans la tribune des 100 comme dans le patriarcat, l’homme est invité à importuner la femme au nom de sa seule liberté sexuelle, ou de ses pulsions masculines incontrôlables et tout à fait pardonnables, ou encore sa fabrication quotidienne de sperme ou la survie de l’espèce, il n’y a qu’à choisir la notion que vous ayez le plus entendu. Sachant que le féminisme s’emploie à déconstruire les rôles attribués au masculin et au féminin, prétendre faire féminisme en perpétuant une clé de voûte du système hétéropatriarcal, c’est assez gênant.
Plutôt que de tout mélanger, de saboter le boulot militant opéré à échelle internationale ces derniers temps et de parler d’un type de harcèlement et d’agression qu’elles n’ont visiblement pas connu (imaginer Catherine Deneuve dans le RER a fait rire beaucoup de monde cette semaine), les 100 auraient mieux fait d’ouvrir un dictionnaire. Elles auraient saisi la dimension morale et légale de ce qui est en jeu  : le non-consentement.
Victime : Toute personne qui a subi un préjudice corporel, matériel ou moral, ou qui a péri dans une guerre, une catastrophe, un accident, un meurtre, etc.
Harcèlement : Soumettre quelqu’un à de continuelles pressions, sollicitations, critiques, attaques.
Agression sexuelle : Toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise.
Importuner : Fatiguer quelqu’un d’une manière continue, par une action intempestive.

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SOURCES ET LIENS :
La tribune des 100 (en accès gratuit)
La réponse de 30 militantes féministes
La réponse d’un collectif de 200 signataires (dont je fais partie)
– Catherine Millet et Brigitte Lahaie semblent avoir un rapport assez malsain au viol (l’une voudrait avoir été violée pour prouver au monde qu’elle s’en sortirait mieux que celles qui souffrent d’avoir subi un viol, et l’autre déclare qu’on peut jouir lors d’un viol, il n’y a qu’un pas entre la banalisation du viol et l’appel au viol) et se positionnent dans un jugement de valeur face aux victimes de viol et de harcèlement, un jugement méprisant, sans empathie, niant toutes les données impliquées dans un viol alors même qu’elles signent une tribune qui commence par « le viol c’est mal ». De surcroît elles passent complètement à côté du sujet. Le sujet ce n’est pas le barème d’horreur des viols et la capacité à s’en sortir, le sujet c’est : les viols et les agressions sexuelles ne doivent pas se produire. Point.
À elles, à Sophie De Menthon et ses sorties hallucinantes (culture du viol, slut shaming, minimisation des agressions)  on peut leur suggérer d’aller faire une analyse sur leur rapport à la séduction et à l’agression, mais je leur dirais de choisir un.e psy, coach ou sexologue hors de la liste des 100 car au vu de ce qu’elles rédigent il semble clair que l’empathie et la compréhension de la détresse ne soit pas leur fort.
– À propos du projet de loi sur le consentement en Suède, ici et .
– Article de Sylvain Pattieu en réponse à la tribune des 100 : Liberté d’importuner, non merci.
– EDIT : Je constate après publication que Causette et moi avons utilisé la même méthode de copie corrigée ! Vous pouvez lire leur version à ce lien.