Planning FIBD 2017

Bonjour, voici mes horaires de dédicace pendant le FIBD d’Angoulême, toujours sur le stand Glénat (sauf samedi matin), dans la tente du « monde des bulles » :

Jeudi
13h – 16h
Vendredi
13h – 16h
Samedi
11h – 13h au Comptoir Des Images*
16h – 19h
Dimanche
11h – 12h30

*Pour ce lieu : entrée gratuite, pas de pass festivalier nécessaire (en face des Halles et de l’Espace Para-Bd). J’y dédicacerai exclusivement mon nouveau livre « Corps sonores ».

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Aussi, à cette occasion j’ai fait imprimer un poster A3 à 50 exemplaires, signés à la main ! Il coûte 15€, frais de port compris (papier 200g/m², expédition colissimo).

Cette illustration (tirée d’un dessin de 2013) met en scène le personnage ayant inspiré celui/celle/celluie de l’épilogue du livre « Corps sonores ».

Vous pouvez vous le procurer dans la boutique du site ! Si vous voulez le récupérer pendant mes heures de dédicace à Angoulême, merci de l’indiquer dans « les instructions au vendeur » la veille de votre passage au plus tard. Je vous le remettrai roulé sous papier bulle. Autre possibilité : vous procurer l’un des 10 exemplaires qui seront au Comptoir Des Images !

À bientôt !

 

Que cette mésaventure préserve d’autres dessinateurs

Temps de lecture : 3 à 5 minutes

Ce que je m’apprête à raconter je le fais pour éviter aux camarades artistes les mêmes déboires. Tout comme des ami.e.s m’ont mise en garde contre certains charlatans ayant abusé d’eux, c’est à mon tour de dénoncer les agissements d’un galeriste, en espérant que ce que j’ai subi aura au moins le mérite d’aider les autres à ne pas tomber dans certains pièges.

Il y a deux ans, par soucis d’argent j’ai décidé de vendre des planches originales de mes livres. Un galeriste – avec qui j’avais brièvement travaillé auparavant – s’est empressé de me proposer une exposition rétrospective de mon travail, avec un tirage de luxe pour célébrer les 5 ans de la parution de « Le bleu est une couleur chaude ». L’évènement se tiendrait à la fois à Genève et Bruxelles, peut-être même Barcelone, et on y exposerait une vingtaine de planches. Mon interlocuteur me commanda également douze nouvelles illustrations inédites autour du « Bleu » ainsi qu’une couverture alternative de l’album, illustrations qui serviraient aussi pour le tirage de luxe. Il déclara que même s’il ne les vendait pas, il me les achèterait puisqu’il m’en passait commande lui-même. Logique.
J’avais besoin d’argent, j’ai accepté.
Bien que je m’étais arrangée pour avoir une trace écrite de tous nos accords par email, je n’ai pas pensé à dresser un contrat, c’est bien là ma seule erreur et quelle grosse erreur. Mon interlocuteur ne m’a évidemment pas proposé d’en dresser un non plus.
Tout le travail que je lui avais confié représentait plus de 25 000€ prix public.
Résultat, après lui avoir cédé mes originaux, l’enfer a commencé. Pendant des mois j’ai cherché à avoir de ses nouvelles, à voir le projet avancer (et mes soucis d’argent ne s’étaient pas résolus par magie entre-temps). Le galeriste disparaissait pendant de longues périodes et soudain réapparaissait pour me fixer des rendez-vous téléphoniques qu’il ne tenait pas, pour repousser les dates de vernissage encore et encore, ou pour me dire qu’il était malade.
Pendant ce temps, la page facebook de sa galerie présentait régulièrement de nouvelles expositions, des dédicaces d’auteurs, etc.
Ce manège a duré un an et demi jusqu’à ce que je n’en puisse plus et que la colère l’emporte. Mon but n’était plus que de récupérer les planches originales de mes livres, les 10 000€ qu’il me devait (pour les illustrations inédites commandées et trois planches vendues), et surtout ne plus jamais avoir affaire à lui. N’ayant plus aucun moyen de pression à mon échelle, n’ayant plus aucune réponse de sa part à mes emails, j’ai demandé de l’aide à la Galerie Glénat et aux gérants de la Librairie Brüsel (trois planches originales à la charge du galeriste y avaient été vendues lors d’une dédicace) et ils furent d’un grand secours. Leur intervention a fait réapparaître le galeriste dans ma boîte mail. Il ne pouvait qu’accepter de rendre mon travail par l’intermédiaire de Glénat et il me demanda si je préférais être payée pour les illustrations inédites ou s’il devait les rendre avec le reste des planches originales. J’ai répondu que je voulais être payée, bien sûr !
À ce stade vous vous doutez bien que ça ne s’est pas non plus passé comme ça…
Il a fallu deux mois supplémentaires de ténacité pour que la Galerie Glénat parvienne à récupérer mon travail. Dans les premiers temps, puisqu’il ne répondait pas non plus aux prises de contact de mon éditeur, j’ai envisagé une action pénale contre lui et j’ai commencé à en parler à mes camarades auteurs, juristes, au Snac BD… Allez savoir s’il en a eu vent mais dans les jours suivants il a soudain donné rendez-vous à mon éditeur pour 48h après. C’est là qu’il a absolument tout rendu, et quand je dis « tout » ça signifie aussi les illustrations inédites qu’il m’avait commandées et qu’il devait me payer depuis un an et demi, ce qui avait été récemment réaffirmé par email. L’irrespect jusqu’au bout, donc.

Sur les 25 000€ évoqués, après deux ans de stress, de galères financières, d’envies violentes, d’ulcérations pour injustice et j’en passe, j’ai touché 1 200€ pour trois planches et retour à la case départ.
Mais le pire dans tout ça, ce qui me fait le plus mal c’est que ce galeriste continue d’approcher des dessinateurs de bande dessinée et que ces dessinateurs ne se doutent de rien. Si vous allez au festival d’Angoulême la semaine prochaine, il y a de fortes chances que vous l’y croisiez. Je ne suis pas la seule à avoir souffert des agissements du bonhomme, j’ai eu vent d’autres dessinateurs n’ayant plus confiance en lui. À mon tour je suis tout à fait disposée à révéler « hors micro » tous les détails que j’ai à son propos. J’espère sincèrement que mon histoire rapportée ici permettra à davantage d’auteur.e.s d’être vigilant.e.s lors de cessions d’originaux pour des mises en vente, et de toujours TOUJOURS faire des contrats !!

 

Pour leur aide dans cette affaire, un grand merci à la Galerie Glénat, la librairie Brüsel, au Snac BD et à Soline Scutella.

Edit de 10h40 : le post n’est pas en ligne depuis deux heures que j’ai déjà reçu des messages d’éminents auteurs de bande dessinée qui ont aussi souffert du même galeriste, sur base d’une confiance là encore sans contrat. Il est important que la parole se libère entre nous, que nous restions soudé.e.s et protégions notre travail et notre intégrité.

12.4%


Alors que les grands médias couvrent la polémique en pointant que « seulement » 12% des auteurs de bande dessinée seraient des femmes (un exemple ici), le délégué général du festival d’Angoulême a martelé à tue-tête que cette année 25% de la sélection officielle du FIBD était produite par des femmes alors qu’elles sont moins de 13% dans le métier, le FIBD serait donc en avance sur notre époque ! Pendant son discours d’ouverture du FIBD 2016 il avait d’ailleurs déclaré que les femmes étaient sur-représentées. Il avait dû se laisser inspirer par Lewis Trondheim qui, la veille, avait envisagé « Puisque vous voulez 12% de femmes dans la sélection du Grand Prix, on va les mettre. Et pour la sélection officielle des livres en compétition, on avait mis 24% de femmes sans réfléchir, on va redescendre ce chiffre à 12%».

Ce chiffre à qui l’on fait dire ce qu’on veut est tiré du rapport 2015 de l’ACBD (page 34). L’Association des Critiques de Bande Dessinée publie chaque année un catalogue de statistiques, c’est un travail énorme à fournir (et il me semble qu’il est fait bénévolement) qui mérite d’être applaudi.
Le problème ici est le mode de décompte des auteurs, qui est non seulement flou mais qui ne correspond plus aux manières actuelles de publier de la bande dessinée et de se revendiquer auteur.e. Les critères de décompte sont les suivants :
«Avoir au moins 3 albums disponibles au catalogue d’éditeurs bien diffusés et un contrat en cours ou un emploi régulier dans la presse ou l’illustration.»
Tout d’abord ce rapport ne concerne que les éditeurs et auteurs « sur le territoire francophone européen »(voir page 2). Qu’en est-il des autres ? Les auteurs et éditeurs québécois par exemple  ?

« Bien diffusés »

Ça commence où pour un éditeur d’être « bien diffusé » ? Si l’éditeur qui a acheté notre projet est « mal » diffusé ne sommes-nous plus auteur.e pour autant ?

« 3 albums et un contrat en cours (chez un éditeur bien diffusé) »

En fait même pour moi qui ai vécu pendant des années en tant qu’autrice de bande dessinée, le rapport de l’ACBD estime que non je n’étais pas autrice, puisque je ne rentrais pas dans ces critères. L’un de mes livres étant publié chez BdMusic dont la faille principale est bien la diffusion (de quoi rendre fous les libraires qui m’invitent en dédicace), même si je vis avec beaucoup de chance de mon statut d’auteur uniquement et ce depuis 2009, l’ACBD ne me considère autrice professionnelle que depuis l’été dernier.

Beaucoup d’auteurs et donc d’autrices n’y sont pas représenté.e.s car soit trop jeunes pour avoir accumulé autant d’œuvres soit parce que leurs modes de création et de survie ne rentrent pas dans les critères décrits : longs romans graphiques, publications à compte d’auteur ou d’éditeur « mal » diffusé, bourses de création, enseignement, boulots alimentaires hors dessin de presse et illustration, webcomics, crowdfunding… Imaginons que les critères de l’ACBD soient transposés au cinéma. Lorsqu’Orson Welles réalise son premier long métrage Citizen Kane il n’aurait pas été considéré comme réalisateur ?

En réalité les femmes seraient entre 25 et 30% des auteur.e.s francophones de bande dessinée. L’enquête des États Généraux qui a reçu 1469 réponses d’auteur.e.s appuie ce constat : 27% des auteurs interrogés sont des femmes. Plus de la moitié des auteur.e.s ayant répondu ont moins de 40 ans. Sur cette tranche d’âge les autrices représentent 38% des auteurs interrogés. Plus d’un tiers ! Le critère d’établissement de cette statistique ? Se considérer comme auteur.e de bande dessinée. Point.

Alors sérieusement… Qu’on arrête de dire que nous sommes 12,4%.
Ne prenez pas pour argent comptant les statistiques qu’on ne vous explique pas.


 

(Edit : Étant donné que mon troisième livre publié chez « un éditeur bien diffusé » était en fait un tirage limité qui doit être épuisé à l’heure où je parle, je ne rentre peut-être toujours pas dans les critères de l’ACBD et ne serais donc toujours pas autrice.)

Chevalier de quoi ?

Festival d’Angoulême, samedi 1h du matin. Alors que je sors de l’hôtel Mercure rempli à raz-bord du gratin de la bande dessinée, je croise Mathieu Sapin sur le point de s’y engouffrer. Je lui jette index et sourire au visage : « Chevalier !! ». La situation est tellement ridicule qu’il ne me reste que le rire. Mais en réalité je suis exaspérée. Il me demande amusé : « Comment tu l’as appris toi ? ».
Huit jeunes auteur.e.s de bande dessinée venaient en effet d’être promu.e.s « chevalier des arts et des lettres » par la ministre Fleur Pellerin, dont Mathieu et moi. Mais depuis jeudi aucun d’entre nous ne semble avoir été contacté directement.
Le ministère de la culture l’a annoncé par communiqué de presse sans même téléphoner ou écrire aux intéressé.e.s. Jacques Glénat promu officier n’était pas prévenu non plus, c’est moi-même qui ai porté la nouvelle à mon éditeur ce soir-là.

Puisque mon nom continue de figurer sur leur site web bien qu’on ne m’ait jamais contactée, je ne peux répondre à leur communiqué qu’ici.
Entre le scandale de la liste du Grand Prix au Wendling bashing, en passant par le mode de vote criblé de failles et les faux fauves, cette nomination entre dans la triste liste des bourdes autour du FIBD 2016. Si cette promotion n’est pas une blague fumeuse alors la manœuvre me laisse très très mal à l’aise.
Il n’aura échappé à personne que la promotion est « exceptionnelle » et que parmi les huit personnes désignées figurent cinq jeunes autrices signataires de la charte contre le sexisme ainsi que Riad Sattouf et Christophe Blain, toutes engluées dans la toile d’araignée du buzz médiatique lié au boycott du Grand Prix 2016 d’Angoulême ces dernières semaines.
D’ailleurs, pour s’assurer que tout le monde comprenne qu’il s’agissait d’une femme, le ministère n’a pas hésité à révéler le patronyme de Tanxxx, sans aucune considération pour son droit au pseudonymat.
Enfin, au cas où l’intention n’était pas encore assez manifeste, madame la ministre Fleur Pellerin stipula bien dans un tweet que notre adoubement en masse était non seulement lié au FIBD mais en plus à la polémique du Grand Prix via la récupération du hashtag #womendobd qui avait fait le buzz.

Alors, si là soudainement et dans ce contexte un ministère comptait me faire croire que mon « art » mérite une médaille de la part du pouvoir politique en place, non seulement je me sentirais instrumentalisée mais de surcroît insultée dans mon intelligence. Qu’on n’essaye pas de me faire avaler ça, qu’on n’invoque pas mon talent lorsque la récupération politique est flagrante.
J’ai 30 ans, merde ! J’ai publié deux romans graphiques, « d’esthétiques » ni singulières ni abouties, je n’ai pas fini de « m’engager » et surtout je ne suis le « symbole » de RIEN.

Les auteurs et les autrices de bande dessinée ne veulent pas de médaille en chocolat de la part du gouvernement, nous voulons du dialogue et des mesures concrètes. Alors que la plupart d’entre nous étouffent dans un métier précaire voire sous le seuil de pauvreté – et désormais sous la menace RAAP – on voudrait en plus nous faire payer 100€ pour une médaille et la cotisation annuelle qui va avec ?! Je ne peux pas croire que ce soit la réponse de notre ministère à nos appels de détresse… Je vais donc continuer à me dire que cette promotion est une blague fumeuse et que nos revendications vont rapidement être prises au sérieux, qu’elles émanent du Collectif de créatrices bd contre le sexisme, du SNAC ou de l’ensemble des auteurs, car un tel coup médiatique ne mène à aucune avancée.

Edit du 02/02/2016 à 9:00 : Hier Chloé Cruchaudet et Aurélie Neyret ont elle aussi refusé leur médaille, via un post explicatif sur leurs pages facebook respectives. (Tanxxx avait communiqué son refus dès samedi dernier)

Rendez-vous au FIBD d’Angoulême



Cette année je ne dédicacerai pas mais je serai présente avec l’équipe Marsam et le Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme.

Marsam c’est quoi ? C’est notre nouvelle plateforme d’auteur.e.s et artistes angoumoisin.e.s, c’est un carrefour multilingue à l’image de notre communauté d’Angoulême. On vous présentera tout cela au Pavillon Jeunes Talents ce jeudi 28 de 15 à 16h !

Je serai également à l’auditorium du conservatoire samedi de 16 à 17h pour l’évènement public du Collectif : « Trait féminin, trait masculin : venez devinez qui a dessiné quoi ! »

Et puis dans les bars entre 22h et 2h à peu près tous les soirs.




Conclusion about Grand Prix’s election

I leave Susanna Scrivo to say it and go back to my own work.

If you are an English or Italian speaker, please read Susanna’s article. She works in comic and manga’s industry since more than a decade and she explained quite well that if FIBD wants to go on with its « i » for « international », all comic artists in the world should be allowed to vote for the Grand Prix.

(clic on the image to open the link)

Pourquoi je ne voterai pas pour le Grand Prix 2016

Le FIBD vient donc d’ouvrir le vote pour le Grand Prix 2016 à l’ensemble des auteurs (j’imagine francophones ? publiés en France ? Ça reste flou). Sauf qu’il y a une condition, évidemment. Les auteurs ne peuvent pas voter pour un précédent Grand Prix, et à cette liste des précédents Grand Prix, le FIBD ajoute les « Prix Anniversaire ».

Sauf que… Avez-vous remarqué ce qui cloche de nouveau ?

Pour l’année 2003, le prix anniversaire des 30 ans attribué à Sfar n’est pas mentionné comme les autres prix anniversaire…. On ne peut pas voter pour Claire Bretécher mais on pourrait voter pour Sfar ?!
Sur Wikipédia, voilà ce qu’on trouve : »Le prix du Trentenaire remis en 2003 à Joann Sfar par les fondateurs du festival n’est quant à lui pas assimilé à un Grand Prix, Sfar ne siégeant par à l’Académie et restant éligible au Grand Prix« . Mais Brétecher ni les autres Prix Anniversaire n’ont jamais siégé à l’Académie !! Ils n’ont jamais été reçus comme Grand Prix l’année suivante de leur élection, à recevoir expo’ gigantesque et honneurs en tout genre !!
Le prix 30ème anniversaire attribué à Sfar n’est pas un Grand Prix tout comme les autres prix anniversaire ne le sont pas. Donc, à nous dire qu’on peut voter pour Sfar mais pas pour Bretécher & co’, on continue à bien se foutre de notre poire !

Je ne voterai pas pour le Grand Prix 2016. Ce que je disais dans mon précédent article se confirme, le Grand Prix est mort.

Édit du 14 janvier 09:16 : comme par hasard la page Wikipédia des Grand Prix a été modifiée ce 13 janvier à 22:40.