Pourquoi je ne voterai pas pour le Grand Prix 2016

Le FIBD vient donc d’ouvrir le vote pour le Grand Prix 2016 à l’ensemble des auteurs (j’imagine francophones ? publiés en France ? Ça reste flou). Sauf qu’il y a une condition, évidemment. Les auteurs ne peuvent pas voter pour un précédent Grand Prix, et à cette liste des précédents Grand Prix, le FIBD ajoute les « Prix Anniversaire ».

Sauf que… Avez-vous remarqué ce qui cloche de nouveau ?

Pour l’année 2003, le prix anniversaire des 30 ans attribué à Sfar n’est pas mentionné comme les autres prix anniversaire…. On ne peut pas voter pour Claire Bretécher mais on pourrait voter pour Sfar ?!
Sur Wikipédia, voilà ce qu’on trouve : »Le prix du Trentenaire remis en 2003 à Joann Sfar par les fondateurs du festival n’est quant à lui pas assimilé à un Grand Prix, Sfar ne siégeant par à l’Académie et restant éligible au Grand Prix« . Mais Brétecher ni les autres Prix Anniversaire n’ont jamais siégé à l’Académie !! Ils n’ont jamais été reçus comme Grand Prix l’année suivante de leur élection, à recevoir expo’ gigantesque et honneurs en tout genre !!
Le prix 30ème anniversaire attribué à Sfar n’est pas un Grand Prix tout comme les autres prix anniversaire ne le sont pas. Donc, à nous dire qu’on peut voter pour Sfar mais pas pour Bretécher & co’, on continue à bien se foutre de notre poire !

Je ne voterai pas pour le Grand Prix 2016. Ce que je disais dans mon précédent article se confirme, le Grand Prix est mort.

Édit du 14 janvier 09:16 : comme par hasard la page Wikipédia des Grand Prix a été modifiée ce 13 janvier à 22:40.

Le Grand Prix est mort (tribune et dernière pensée)

En plus de mensonges affichés dans la presse, Franck Bondoux (directeur délégué etc du FIBD d’Angoulême) persiste à faire des raccourcis douteux qui laissent sous-entendre que Marjane Satrapi et moi devons au FIBD le succès de nos best-sellers respectifs et de leurs adaptations cinématographiques. Non seulement je trouve cela d’une arrogance à couper le souffle (dois-je rappeler tout le parcours de mon livre, des autres prix reçus, des 11 mois de promotion francophone et du job des libraires et autres professionnels ?) mais vu le contexte je suggère au FIBD de faire profil bas et de réfléchir à tous les dysfonctionnements de sa tuyauterie, ne serait-ce que pour les trois raisons suivantes :

– Les auteur.e.s ne doivent rien au FIBD. Le FIBD, lui, leur doit tout. Si dans deux semaines tous les auteurs décident de ne pas aller au FIBD, il sera bien dans la merde, nous non. Et ça nous économisera l’état grippal qui nous accable tous le lundi suivant.

– Les polémiques de cette semaine ont fait ré-émerger beaucoup de questions sur l’élection de l’Élu(e), ce dont il est censé être représentatif sans l’être finalement, sur le flou du mode de création de la liste et des décideurs finaux, et au final tout cela colporte la mort déjà provoquée du Grand Prix. Oui, le Grand Prix est mort. Beaucoup l’affirment : depuis les années 90 voire 80 le FIBD n’a pas su se remettre en question et suivre les mouvances de la bande dessinée contemporaine et internationale ni les suggestions des partenaires impliqués. Il serait temps qu’il le fasse car auteurs, éditeurs et passionnés préfèrent de plus en plus aller à d’autres salons pour partager, promouvoir et négocier (St-Malo, Lyon, Lucca, Napoli, Bologna, Frankfurt, Barcelona…).

– Si des journalistes avaient l’envie et la patience de mener une enquête sur tout le manque de transparence gestionnaire et les rumeurs du FIBD, nous on sortirait le pop-corn. Cette semaine, à parler autant du FIBD et subir Franck Bondoux sur les plateaux télé et radio, les gens comparent évidemment ce qu’ils en connaissent. Vu les témoignages qui circulent ou qui sont recueillis dans la confidence je me demande de plus en plus pourquoi toute la profession continue de traiter avec une telle direction de festival. Il aurait suffi qu’un seul homme s’excuse mardi dernier… Au lieu de ça on plane au niveau zéro en terme de règlements de compte et de manipulation depuis une semaine, jusqu’à monter les auteur.e.s les un.e.s contre les autres.

Il est temps que le FIBD change.

Vu l’explosion du baromètre « frustration/colère » chez les auteur.e.s cette semaine, j’espère sincèrement que chacun prendra rapidement les décisions qui s’imposent en terme de gestion, de comportement et de médiatisation (au fait, le RAAP tout ça…?!). Si nous voulons rester partenaires de métier et partager notre amour de la bande dessinée au public, il est impératif qu’un dialogue humble et respectueux s’installe.

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Le site Slate m’a offert de publier une tribune (leur requête concernant la façon dont cette semaine le débat avait encore tourné autour d’un homme, Riad Sattouf, le premier à se désister de la liste du Grand Prix, plus qu’autour du Collectif des créatrices bd contre le sexisme, instigatrices du boycott du vote), cette tribune est en ligne depuis vendredi à cette adresse.
And I’m very grateful that a friend of mine (who’d rather stay anonymous) translated my column in English. You can read it here.

Non-mixité et auto-émancipation

Face à l’incompréhension, la vexation, voire le rejet immédiat qu’a provoqué chez certains le choix de notre collectif de créatrices BD pour la non-mixité, nous venons de publier un article sur notre blog. Y sont abordés l’auto-émancipation, les privilèges sociaux, la création d’une lettre d’information à laquelle s’abonner. Si vous êtes sympathisant.e.s à notre cause, je vous invite à vous y inscrire ! Cette newsletter vous invitera aussi à nos actualités.

Puisque le blog est en marche maintenant, avec flux RSS et newsletter, je ne posterai plus les articles du collectif ici.
Pour l’instant nous croulons sous les courriels et les requêtes, il va falloir un moment avant qu’on finalise l’organisation d’évènements mais vous saurez tout en temps et en heure !

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Le CBBD fait la sourde oreille !


Nous venons de publier notre premier article sur le blog du « Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme » !!
Notre premier article ne pouvait qu’être destiné au CBBD et à son communiqué de presse qui nous fait croire que c’est nous qui n’avons rien compris oh non vraiment ! Lisez le par ici -> http://bdegalite.org/le-cbbd-fait-la-sourde-oreille/

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Collectif des créatrices bd contre le sexisme !

Après des mois de gestation, de ratures, de bruits de tables qu’on rassemble au café du coin, de coups de gueule et de partage d’expériences, nous sommes fières de rendre public notre collectif de créatrices et de publier notre charte contre le sexisme en bande dessinée.
On nous demande souvent « C’est comment d’être une femme dans la BD ? » et nous répondons que c’est comme d’être une femme dans la société. Ou plutôt dans la société patriarcale. En bande dessinée comme en société, nous sommes beaucoup trop habituées à être renvoyées à notre sexe de façon réductrice et désagréable, pour ne pas dire de façon oppressante.
Si nous nous identifions toutes de manière différente nous avons toutefois décidé de nous rassembler comme collectif de femmes auteurs car notre travail et notre identité sont encore et toujours stigmatisés par notre sexe. Par la création de ce collectif nous voulons dénoncer les aspects du sexisme dans l’industrie littéraire où nous évoluons, tout en énonçant des méthodes pour le combattre.


Vous trouverez toutes les informations utiles sur notre site internet :

– la charte
– la liste des créatrices
– l’histoire de la genèse
– un catalogue de témoignages sur le sexisme en bande dessinée (ne faisant que démontrer l’ampleur du malaise)
– une foire aux questions
– une rubrique de contacts
– une liste de liens utiles sur le sujet
– une version anglaise de la charte

{cliquez sur l’image pour accéder au site !}