Un départ, un bilan!

Aujourd’hui Mister Sarkozy a quitté l’Élysée et beaucoup m’en savent satisfaite. Ce que je pense du nouvel arrivant est une autre histoire, les combats pour plus d’humanité resteront à mener au quotidien, je voulais simplement profiter de ce jour de Départ pour diffuser un livre qui m’a accompagnée depuis le printemps dernier: La République défigurée, ouvrage dirigé par la Ligue des Droits de l’Homme.

Ouvrage bilan, sur un quinquennat, notamment sur l’année 2010, ses affaires, ses dérives. Ouvrage pour remettre au clair ce qu’est la République, indissociable d’une politique sociale, sans exclusion. Un état des lieux indispensable, en cinq chapitres:

– Qu’est-ce que la République?

– La cinquième République, une monocratie populiste

– La persistance des inégalités

– La fragmentation sociale

– L’ethnicisation des rapports sociaux

– Xénophobie d’État

Et comme le contenu mérite d’être cité – pour ne pas oublier, pour prévenir à l’avenir – voici ci-dessous quelques passages. Textes-images à cliquer. Et reciter.

D’autres livres…

Je ne vous ferai pas ce plaisir.

Nul doute que tout le monde en a déjà bien soupé du débat Hollande-Sarkozy, depuis qu’on l’annonçait et depuis qu’on le commente hier soir. Reste un choc dans mon entité, persistant 24 heures plus tard, dû à la montée d’un ton nauséabond menant à l’articulation de cette phrase:
« la France traite mieux les musulmans en France que les chrétiens ne sont traités en Orient »
Une déclaration que Mr Sarkozy place entre parenthèses, et qui le restera. François Hollande ne relève même pas. Et j’ai beau fouiller internet aujourd’hui, aucune presse ou personnalité publique ne vient la commenter.

Ça ne nous étonne même plus, ça ne nous choque même plus.

Mr Sarkozy,
Hier soir, ce 2 mai, vous avez encore mis tout le monde dans le même sac: le Moyen-Orient, le Maghreb, l’Afrique noire… ces peuples ne nous apportant – selon vous – qu’un seul type d’immigrant, le musulman. Et de surcroît, un musulman communautariste. Et pourtant, si l’immigration était un gage de quelque chose ce serait, au contraire, de mixité.
Comme exemple, je vais prendre la situation à l’envers. Française, j’ai vécu huit ans à l’étranger. Et j’ai voyagé, en France, en Europe, hors d’Europe. Hé bien figurez-vous Mr Sarkozy… jamais je n’ai rencontré un(e) Français(e) qui pouvait me ressembler point par point, avec qui être d’accord sur tout et envisager de dominer le Monde. Je n’évoque même pas les autochtones rencontrés – oOOouuh – ni les étrangers, non, juste les Français sur leur territoire ou hors-territoire que rien ne vous permettra de mettre sous une unique étiquette.
Alors qu’est-ce qui vous autoriserait à le faire avec ceux nés ailleurs?
J’ai honte pour vous Mr Sarkozy. Profondément, plus que je ne saurais dire. Non seulement pour faire preuve d’autant d’esprit de supériorité, mais également parce que vos mots sont là pour m’inciter à craindre et détester quelqu’un. J’ai honte pour vous.

Et j’en viens au pire…
« la France traite mieux les musulmans en France que les chrétiens ne sont traités en Orient » (en partant évidemment du contexte de votre déclaration hier soir: ‘les musulmans’ englobent ici les immigrés de Moyen-Orient, du Maghreb et d’Afrique noire) Je trouve cette phrase d’une telle violence psychologique que je ne sais pas par où commencer.
Vous vous y révélez complètement. Et vous vous y congratulez.

Vous vous congratulez non pas de bien traiter les musulmans mais de les traiter mieux (par définition et dans une comparaison, c’est un qualitatif qui est inférieur au « bien » idéalement à atteindre) que sont traités les chrétiens en Orient. Cela signifie qu’à vos yeux les musulmans n’ont pas à se plaindre du traitement qu’on leur réserve en France, islamophobie comprise, on est déjà bien tolérant hein! Ensuite, puisque votre phrase est une comparaison et que ‘les musulmans’ y pointent les immigrés, les chrétiens sont ici désignés eux-mêmes comme des gens cherchant à s’intégrer en Orient et non comme de réels et bien traités citoyens des nations sous-entendues, l’Orient et la chrétienté tels l’eau et l’huile. Ce qui dépasse encore l’entendement.
Absolument aucune donnée rationnelle ne vous permet, Mr Sarkozy, d’affirmer que la France traite mieux les musulmans que les chrétiens ne sont traités en Orient.
Et le fond de votre pensée va encore plus loin. Le fait que des chrétiens puissent être mal traités ailleurs – pas des Français… des chrétiens! (et après cela, vous accusez les autres de communautarisme?!) – est ce que vous invoquez pour insinuer que les musulmans ne devraient pas avoir à se plaindre du traitement qu’on leur réserve en France, le méritent-ils seulement. Et si on suit cette logique… pourquoi vouloir cohabiter ici dans un respect mutuel, alors qu’ailleurs d’autres ethnies vaguement reliées à la nôtre, sont maltraitées?
Mr Sarkozy, c’est ça votre politique internationale?

Nous sommes tous l’étranger de quelqu’un. Et peu importe ce qui se passe ailleurs, votre conduite ici en France devrait rester exemplaire, sans tomber dans des comparaisons, même fondées (cette notion va vous demander encore du travail).
Les « tensions communautaires extravagantes » que vous évoquiez hier soir ne reposent que sur votre propre détestation et les épouvantails que vous agitez ne duperont pas tout le monde.
Mr Sarkozy, votre phrase ici décrite était hier l’aveu culminant de votre mépris, un crachat qui nous a tous souillés, une insulte que vous nous avez faite… entre parenthèses. Comme si de rien n’était.
Je ne suis pas désolée de vous annoncer que non je ne détesterai et ne craindrai pas ceux que vous me désignez du doigt. Je ne vous ferai pas le plaisir de perdre un bout de mon humanité.

(Les 60 commentaires de la discussion qui a suivi sont visibles au lien direct de l’article ICI.)

Ireland

Deux semaines passées dans le vent celte, avant d’attaquer les planches définitives de mon prochain ouvrage, ce qui m’occupera les 14 prochains mois.

Il me fallait bien ça d’abord: bourlinguer une dernière fois en solo! Et même, consacrer mes derniers moments dans le Connemara à gravir une montagne, au sens propre, pour à mon retour accueillir toutes celles que la vie allait mettre sur ma route.

Aucune représentation, graphique ou orale, ne pourra valoir l’expérience, la taille et la splendeur du lieu. Néanmoins, voici une ébauche de la vue que j’avais là-haut, peinte à partir des photos que j’y avais prises.

{image à cliquer}

– Two weeks spent amid the Celtic winds, before launching into the definitive pages of my new work, which shall keep me busy for the next fourteen months.
So, this was what i needed first: one last trip on my own! And more, to devote my final hours in Connemara to climbing a mountain, in the literal sense, in order to welcome the ones the life would put in my path when I come back home.
No representation, graphically or orally, will suit the experience, height and greatness of the place. However here’s a hint of the view I had up there, painted with the snaps i took. (click the picture)

– Dos semanas pasadas en el viento céltico, antes de me liar con las paginas definitivas de mi ultimo trabajo, lo que me ocupará durante los 14 próximos meses.
Quedó bien eso: correr mundo en solitaria una ultima vez! Y más, dedicar mi ultimo momento en el Connemara a trepar una montaña, en sentido propio, para acoger todas ellas que la vida iría a poner sobre mi camino, a mi regreso.
Ninguna representación, gráfica o oral, vale la experiencia, el tamaño y la grandeza del lugar. Sin embargo, encima está un esbozo del panorama allí arriba, pintado con las fotos que saqué. (haga clic la imagen)

Oh, et la boutique fonctionne à nouveau!

Cheers!