Tête de génie

Des recherches d’après photos pour un livre sur Brahms aux éditions BdMusic… Histoire de saisir la cartographie de son visage.

– Sketches done with photos, for a book about Brahms which will be published by the editor BdMusic… ‘Did those ones to intend to grab his face’s cartography. His motto: « Alone but free ».

– Croquis efectuados según fotografiaras, para un libro sobre Brahms en las ediciones BdMusic… Fue con el fin de captar la cartografía de su rostro. Su lema: « Solo pero libre ».


Danse hongroise, solo piano – Johannes Brahms

Un tour gratuit vers la case départ.

C’est étrange comme souvent les triturations intérieures croisent des évènements du quotidien et se combinent pour fournir du résultat d’une manière à laquelle on ne s’attendait pas. Par exemple: cette gouache ci-dessus à laquelle je me suis essayée est naze, on ne me convaincra pas du contraire, c’est du plastique raidi. Mais, elle est le fruit d’un de ces drôles de hasards que j’évoquais juste avant et qui m’arrivent beaucoup depuis décembre dans mon travail, et – alors qu’en donnant les derniers coups de pinceau je contenais ma rage d’avoir usé bien trois heures sur cette croûte – l’activité m’offrit une seule pensée, une seule phrase que je n’aurais pu obtenir que de cette façon.

« Virgile lisant l’Enéide à Auguste, Octavie et Livie » (tableau d’Ingres qui m’a retenue un bon moment lors d’une déambulation au Musée Royal des Beaux-Arts de Bruxelles) est le dernier évènement qui est venu rencontrer mes bouillonnements infondés/informels/informulables. J’avais oublié mon admiration pour Ingres, et il tombait à pic, m’offrant face à face des profils que je cherchais moi-même à donner à mes cocus entre deux neurones. Ça n’était plus un croisement mais un large rond point où le peintre et le petit récit enfermé dans ma tête venaient rejoindre tout mon travail actuel sur les mythes, mon projet de prochain album, Ovide, René Girard, Lévi-Strauss, Foucault et les autres. Et puis le besoin de me refaire la main. Car autant le dire: depuis un an et demi, je suis très très très rouillée. Très.

Ni une ni deux, je mets par écrit ce faux mythe qui macérait depuis des semaines, me procure un livre sur le peintre dont je connaissais trop peu le parcours, et j’enchaine les planches. L’exercice a foiré sur plusieurs points, cette fable aurait pu être bien mieux narrée et mise en scène mais pas là du premier coup. Il m’a fallu l’agencement final pour le constater, c’est dommage pour ce coup-là mais point pour le VRAI mythe qui occupe mes mois et saura échapper aux mêmes erreurs.

Des leçons tirées qui tiennent en quelques phrases pour une semaine acharnée sur cette histoire en 7 planches. Ç ‘aurait pu êt’ pire, m’dame. Ces planches m’ont poussée vers Ingres, dont je détaillais les tableaux l’autre soir au lit et compris enfin ce qui me fascinait chez lui: il montre ce qu’il veut voir. Cette antiquité-sagesse qui se révèle un instant dans une figure contemporaine. Une des quêtes de mon présent, voilà pourquoi. Et… ces planches m’ont aussi poussée vers cette gouache finale aujourd’hui. Qui me fit prendre conscience que je ne pourrai jamais combiner cette façon de faire avec mon dessin. J’ai peint ce cerf comme j’ai toujours peint, ça ne peut pas fonctionner, et ça n’est même pas évolué techniquement. Je dois trouver autre chose. Quand je dessine, mon geste vient du ventre, ouvert, souple mais appuyé: ma peinture ne peut pas être fermée, réglée ni timide.

Me revoilà orpheline d’une technique couleur pour mon projet, des maux pour un bien. Bon… retour à la case départ, c’est reparti.