Queer est contestation.

Here in (bad) english -> (clic!)

De retour du festival Bilbolbul où j’ai présenté «City & Gender», plusieurs discussions m’ont démontré un peu plus qu’il était quasi impossible de définir «queer» aujourd’hui.
«Queer» est contestation. Mais contesté sans cesse. Par les universitaires et anti-universitaires. Les théoriciens et les militants. Le mainstream et l’underground. Pour chaque personne avec qui j’en parle le sens diffère, et peut être positif ou négatif même au sein de la communauté lgbtqi.
Pourtant, peu importe jusqu’où on pourrait pousser la discussion, le mot est toujours intrinsèquement lié aux questions de genre. À une question en général: soi.

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«Queer» semble être un éternel processus personnel, une déconstruction. Alors que le mot a longtemps été une insulte, un crachat, c’est désormais un stigmate digéré, revendiqué telle une couronne de fierté.

Et comme c’est un processus personnel, au festival et devant les personnes venues écouter et discuter j’avais donné ma version du queer:

C’est un feu intérieur, une inventivité.
C’est vouloir briser les privilèges de l’hétérosexualité,
briser les provilèges en général, les rôles attribués aux sexes,
leurs frontières et leurs hiérarchies.
C’est refuser ces hiérarchies – que la société et la famille
mettent sur nos épaules juste à cause de notre sexe biologique –
pour réinventer son propre territoire intérieur.
Pour moi être queer c’est cela.
C’est rejeter la perception binaire de nos identités et ça signifie
brûler le patriarcat sur la place publique.
Pour moi être queer c’est cela.
C’est rejeter la perception binaire de nos identités et ça signifie
brûler le patriarcat sur la place publique.

(©Fernande Gontier)

N’oublions pas que le terme «théorie du genre» a été inventé par ceux qui ne comprennent pas / ont peur / excluent de différencier genre (social) et sexe (biologique)… Alors que même attribuer le bleu aux garçons et le rose aux filles est un fait culturel. Créer un système normatif EST culturel.

*… Plus loin… Further...*

C’est quoi le privilège hétérosexuel ?

– En parlant de système normatif… « En finir avec la fabrique des garçons »

– « Qui défend l’enfant queer ? » de Béatriz Preciado

RPQ, Revue PolitiQueer

The Genderbread Person (in english)

The identity project (instagram)

QUEERS, READ THIS. (Queer Nation, 1990)

– « Everything is problematic » about anti-oppressive and/or leftist activism

– J’avais déjà évoqué ma rage des normes dans cet article il y a deux ans.

Contre l’homophobie

Aujourd’hui est la journée internationale contre l’homophobie, et en France SOS Homophobie vient de publier son rapport annuel, alarmant, révélant une hausse importante des témoignages d’homophobie, de transphobie, et des agressions physiques, en 2013… Cette lutte est celle de chacun d’entre nous, car nous avons tous dans notre entourage une personne LGBTQI à laquelle nous tenons.

L’homosexualité est encore aujourd’hui un crime dans 77 pays du Monde.

Pour aller plus loin:

L’action blog bd de 2009

Le projet 17 mai et son livre

Queer Week 2013

Ça commence ce lundi, pour une belle semaine thématique!!

Et j’ai bien trop d’honneur d’en être la marraine cette année.

Toutes les infos ~ ici ~

Je n’aurai pas de meilleure occasion pour diffuser également la traduction française que Dwam et moi avons tentée du GenderBread 2.0! Ce guide en images ne peut englober la diversité et complexité de la question, mais est déjà très bien pour une première approche.

{cliquez!}

Love men, hate patriarchy!

Lorsque j’éprouve le besoin de casser du béton, j’écoute l’émission DégenréE sur:

Voilà un moment que je voulais présenter cette émission. Attention, prises de parole et rythmes sont très différents des radios « grosse machine », ça peut surprendre au début, ne vous arrêtez pas à ce détail!

Le dessin ci-dessus m’avait été inspiré par deux émissions qui m’ont particulièrement marquée:

Contre le publisexisme évoquant le sexisme dans la publicité… le fait qu’on n’y offre aux femmes aucun autre modèle positif que celui d’être belle (donc modèle lié au corps)… que le message adressé aux femmes est encore et toujours « soyez disponibles et soumises au regard masculin »(et qu’en conséquence le message adressé aux hommes est « elles sont disponibles et soumises à votre regard »). Une remarque parmi d’autres qui m’avait interpellée: « Comment se rendre compte de la violence envers les femmes dans la pub? Remplacez l’image de la femme par celle d’un enfant et comparez ».

Défaire les mythes sur la préhistoire qui est ABSOLUMENT d’utilité publique et d’actualité!!! Tout ce qu’on nous a enseigné à l’école sur le sujet y est déconstruit, puisque c’est une discipline très jeune (une centaine d’année) où des découvertes importantes ont été faites ces deux dernières décennies qui viennent balayer les fantasmes sociétaux, sexistes et patriarcaux  qu’ont apposé sur la Préhistoire les hommes chercheurs jusqu’à très récemment. Fantasmes qu’on invoque pour justifier de la domination masculine toujours au 21e siècle. De loin mon émission préférée.

Attention les chargements d’émissions peuvent prendre plusieurs minutes à se faire, c’est normal si vous attendez tout ce temps sans qu’elles s’enclenchent.

Bonne écoute!

Merci à A.C.G. qui m’avait fait découvrir ces émissions!