Enheduanna

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Enheduanna… This name is so important. This name was the first signature, ever known to human history, of an author.
The first known author was a woman.
The first text ever signed was a poem composed by a Sumerian princess and High Priestess, that she dedicated to the goddess Inanna. (later known under the name of Ishtar, both related to the planet Venus)
Every time I think of it, every time I whisper Enheduanna’s name… I enter into an altered state, into an emotion almost too strong for my body to bear.

We, authors, poets, artists, « influencers », are used to sign our productions without even thinking. But what pushed the first of us – in the context of her life there – to append her name to the invocation she had just written for the great goddess?
Was it the sense of belonging?
I mean: not as an affirmation that the poem belonged TO herself, but instead… that she belonged WITH Inanna/Ishtar/Venus through her poem…
What brings me to this thought comes not only from the fact that Enheduanna composed it while in despair for being exiled from Ur, but also due to the diverse translations of Inannna’s title in it. Her invocation – Nin me šar-ra… – happens to be translated or as the great mistress of « all the I/me/selves and others/rivals » (« all too numerous to count »), or as the great mistress of all the divine powers. As if… me, the others, the divine powers… it was one and same concept in Sumerian.
The sense of belonging with the Divine sparkles at the core of this idea. Nin me šar-ra.

Nowadays, what do we invoke through our signature? Which flow does our sense of belonging follow?

Nin me šar-ra…
Nin me šar-ra ud dalla e-a
Munus zid me-lem gur-ru ki aĝ an uraš-a…

Enheduanna, zirru-priestess, companion of the Moon god Nanna, daughter of Sargon the king of the world, in the temple of the goddess Innana…
En hedu anna
Capture d’écran 2020-10-05 à 11.10.38

 

Water as a guide – Goodbye hello !

water-2My 2018 has been a celebration of the water.
Celebration as welcoming her fully in all her shapes, accepting all her gifts and messages. Embracing all her manifestations. Dews, mantles of fog, unexpected rains, wild torrents, mountain lakes, fountains, calm sea, angry sea, uncertain sea, tears, tears of grief, tears of broken heart, tears of non-accepting, tears of gratitude, tears of laughter, tears of orgasms, lovers’ saliva, lovers’ sweat, lovers’s fluids… shared water… all the ginger drinks prepared for friends stopping by my house…
Water as a mirror, water as a vehicle, water as a guide. « Let go let go, don’t resist the gravity you fool, follow the flow calling you, transform, incarnate yourself, transform again, surround, be surrounded, just be. »
Bye-bye 2018, thank you for the lessons and the blessings.
Happy 2019 everyone, cherish each drop of love, each particle of light ✨

Puiser de l’amour

{Here in poor English}

Après les tueries du 7 janvier, aller chercher l’énergie pour travailler a été terriblement difficile. Où puiser l’amour de dessiner ? Il fallait creuser en soi, sous les décombres. Tout comme d’autres dessinateurs j’ai vécu un blocage à ce moment-là… Notre geste semblait coupé à sa source.

Les douilles vides rebondissant sur le sol parisien sont allées se loger comme des mauvaises graines, quelque part dans notre corps, entre l’idée et le trait. Parfois cette graine nous sert la gorge ou l’estomac alors qu’on s’interroge sur l’ampleur du risque à dessiner telle ou telle chose. Cette graine a fait naître des peurs et des questions qu’un dessinateur ne se poserait que sous un régime totalitaire.
Aujourd’hui, après le 13 novembre, les douilles vides se sont multipliées, et de l’horreur a germé une prise de conscience. Nous venions de perdre l’un de nos plus grands privilèges : notre insouciance. Ce privilège de ne pas nous demander ce qu’on risque à s’exprimer sur un sujet, à aller à un événement, à descendre à une terrasse, à prendre un train, un métro…

Pourtant il y a quelque chose de beau et intense qui va continuer de nous arriver, malgré nous.
On va continuer de tomber amoureux.

Ça va continuer de se produire, à Paris comme partout dans le Monde, sous les balles autant que dans le silence.
Et de l’amour il va falloir aller en puiser beaucoup si l’on veut accomplir ce qui nous attend.

Personnellement, 2015 aura été une tempête à traverser en courant, en passant entre les gouttes. Pleurer celles et ceux qui tombent, affronter l’idée d’une fin imminente.

Le 7 janvier, j’étais en bouclage de storyboard pour mon prochain livre, « Les Corps Sonores », un recueil de nouvelles sur des états amoureux. Les semaines qui ont suivi j’étais incapable de raconter l’amour. C’était quelque part sous les gravas, ça a pris du temps à retrouver. Et puis 2015 a persisté sur sa descente et alors parler d’amour semblait la seule clé, le partage primordial. Oui, on va continuer de tomber amoureux.

C’est indéniable que nous sommes actuellement traversés par des enjeux démesurés. Mais lorsque nous prenons des décisions, pour le climat, pour la géopolitique, pour notre commune et pour nos vies, quel amour y mettons-nous ?

J’ai besoin de parler d’amour. J’en ai plein mes tiroirs, j’en dessine tous les jours pour « Les Cors Sonores », alors je compte poster quelques états amoureux ici, de temps à autre. Ça ne vaut peut-être rien dans le contexte actuel mais j’y trouve du sens, et je formule l’espoir que ce sens ricoche.